9 au 12 décembre journées d'action contre Lafarge et son monde de béton

07/11/2023 11:40

Lafarge-Holcim nous asphyxie : à Bouc-Bel-Air proche de Marseille, il brûle des pneus pour faire tourner ses fourneaux, à Cimencam (Cameroun) les cheminées ne sont pas filtrées, à Barroso (Brésil) la ville est fréquemment recouverte d’une fine couche de poussière extrêmement polluante, etc, etc… Leurs usines, partout dans le monde, tuent directement en provoquant des cancers chez les riverain.es vivant à proximité mais aussi indirectement via la pollution de l’air et les conséquences du changement climatique qu’il engendre car le processus de fabrication du ciment est un des principaux postes d’émissions de CO2 au niveau mondial (8% des émissions en 2022).

Lafarge-Holcim empoisonne les rivières : en plein cœur de Paris, il déverse ses eaux usées dans la Seine, dans l’état de New-York, leur usine cause une immense pollution de la rivière Hudson, etc, etc… Particules de ciment, liquides de traitement et autres microfibres en plastique transforment les rivières du monde entier en décharges à ciel ouvert, causant la mort des poissons et de leurs habitats.

Lafarge-Holcim détruit les sols et les fonds marins : le béton est le plus grand consommateur de sable au monde. Le sable est la deuxième ressource la plus exploitée après l’eau, et dont Lafarge est un des principaux bénéficiaires. De Saint-Colomban (44) à l’Inde, des côtes bretonnes à celles du Maroc, cette exploitation est un désastre aux multiples préjudices : pollution des nappes phréatiques, disparition de plages et d’îles entières, érosion, destruction d’écosystèmes marins comme terrestres, artificialisation de terres…

Lafarge-Holcim coule littéralement le monde sous le béton. Il produit cette matière grise indispensable à tous les grands projets nocifs et absurdes (JO, Grand Paris, ex-aéroport de Notre-Dame-des-Landes, Bure, Stocamine…) et participe partout à la destruction des terres agricoles, zones humides et forêts ainsi qu’aux déplacements des populations qui les accompagnent. Par ses champs d’influence sur tous les grands projets publics et privés, il fait en sorte que le béton soit utilisé en tous lieux car c’est l’essence même de ses profits.

Lafarge-Holcim est une entreprise mafieuse, prédatrice et néocoloniale, profitant très souvent des services secrets des États pour étendre son empire. En France, elle est toujours mise en examen pour complicité de crimes contre l’humanité et financement du terrorisme, au vu et au su du gouvernement français. En cause, le maintien forcé de l’activité de l’usine de Jalabiya en pleine guerre civile, en payant grassement Daesh et en mettant en danger la vie de ses employé.es syrie.nes. Un épisode qui rappelle que l’entreprise avait, parmi bien d’autres, collaboré avec les nazis pour construire rien de moins que le mur de l’Atlantique.

Qui dit mieux ?

Luttons contre le béton !

Les luttes locales qui se battent ici contre l’extension d’une carrière, là contre la pollution de l’air d’une cimenterie, ou encore là-bas contre l’extraction de sable marin sont nombreuses. De Saint-Colomban dans les Pays de la Loire à la ZAD de la Colline en Suisse, ces luttes sont de plus en plus fortes et vivantes. On voit même des coalitions émerger, à l’image de « Fin de Carrières 44 ». À ces luttes se joignent des actions qui se multiplient depuis quelques années. Par Extinction Rebellion, Youth For Climate, les Soulèvements de la terre ou des groupes autonomes et sans nom, on ne compte plus les visites inopinées dans les centrales à béton, les bloquant parfois pour une journée, parfois plus.

Le cycle de ces actions et de ces luttes locales ouvre le débat pour imaginer un monde émancipé des bétonneurs.

Mais comme ce monde marche littéralement sur la tête, cette entreprise bénéficie de toutes les faveurs des institutions. Et ce sont des militant.es qui sont actuellement poursuivi.es par l’arsenal policier et judiciaire des États. En France, c’est notamment à la Sous-Direction Anti-Terroriste (SDAT) qu’a été confiée l’enquête contre l’intrusion dans une cimenterie à Bouc-Bel-Air. 31 personnes ont été mises en garde-à-vue jusqu’à 96 heures. Deux sont actuellement mises en examen. En Suisse, les occupant.es de la ZAD de la Colline ont subi également une répression faite de surveillance, de fichage et de procès. Une personne a été emprisonnée près de 3 mois.

La but de cette criminalisation est de freiner toute critique et toute velléité d’actions contre Lafarge-Holcim ou contre toute autre entreprise du béton. Le message vise à faire peur. Heureusement, ces accusations n’ont pas mis à l’arrêt le front anti-béton. À Lyon, à Foix ou encore à Saint-Colomban, de nouvelles mobilisations collectives ont vu le jour cette année.

Du 9 au 12 décembre, concentrons nos forces contre Lafarge-Holcim et le monde du béton

Ce 10 décembre 2023, cela fera un an que 200 personnes se seront introduites dans la cimenterie de Bouc-Bel-Air, un des cinquante sites industriels les plus polluants du pays, pour la mettre à l’arrêt. Joyeux Anniversaire. Ce 10 décembre, dont les magnifiques images ont réchauffé la fin d’année 2023, est devenu une date emblématique de la lutte contre le béton. Une idée est donc apparue. Pour marquer d’un vent de résistance cet anniversaire, par solidarité envers les arrêté.es, pour affirmer qu’il est toujours possible de critiquer, en acte, Lafarge et consorts, et pour montrer la diversité et la multiplicité de celles et ceux qui se battent contre le béton : du 9 au 12 décembre, lançons les journées d’action contre Lafarge et le monde du béton !

Ces 4 jours seront l’occasion d’unir les forces des luttes locales, des organisations climat, des coalitions de paysan.nes et de travailleur.euses, des comités locaux des Soulèvements, non pas en un point, mais partout sur le territoire. Avec plus de 150 centrales à béton rien qu’en France et uniquement pour Lafarge-Holcim, il y a forcément un bétonneur près de chez vous ! Manifestation publique devant les grilles d’une usine, banderoles à l’entrée d’une carrière de sable, messages peints, intrusion en blouse blanche ou en bleu de travail, occupation des malaxeurs pour faire sécher le béton, blocage des barges pour freiner l’approvisionnement… À 10, à 100, à 1000, de nombreuses formes sont possibles, imaginables, accessibles. Leur multiplication permettra d’agir concrètement, collectivement et joyeusement contre l’empire du béton.

D’une même voix, nous voulons porter un message clair : le règne de Lafarge-Holcim et des autres conglomérats du béton n’est plus une fatalité. Leurs exactions doivent cesser pour que cesse l’intoxication de ce monde. Les gouvernements actuels doivent enfin arrêter de les couvrir. D’autres manières de construire et d’habiter le monde sont possibles.

 

Cet appel est initié par une coalition de luttes locales, d’organisations écologistes et sociales, de regroupements paysans, de sections syndicales et de comités locaux des Soulèvements de la terre. La liste complète des signataires est consultable, entre autres, sur le site https://journeescontrelebeton.noblogs.org/, ainsi que des informations pratiques sur la campagne et les manières de visibiliser les différentes initiatives.

Contact mail de la campagne pour informations, annonces et relais des mobilisations : journeesbeton@immerda.ch