Les drones, nouveaux alliés des gendarmes mobiles.

21/07/2015 17:21

La gendarmerie a passé un appel d’offres pour une vingtaine d’appareils équipés de caméras qui seront avant tout utilisés par ses unités de maintien de l’ordre dans le cadre de manifestations.

Pour les gendarmes mobiles, c’est déjà Noël. La commande de leurs prochains jouets est passée, avec livraison pour la fin de l’année. Ils viennent de lancer un double appel d’offres pour sélectionner deux séries de drones de surveillance et d’observation. Ces 23 appareils devront équiper en priorité les unités de maintien de l’ordre.

Depuis plusieurs mois, les gendarmes testaient l’usage de ces engins dans leur centre d’entraînement de Saint-Astier (Dordogne). Et le bilan est apparu positif. L’arrivée de ces drones dans la panoplie de la gendarmerie intervient dans la perspective, voulue par Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, de filmer toutes les opérations de maintien de l’ordre. Il s’agit aussi de s’adapter aux nouveaux moyens technologiques. « Ces outils permettront de bien mesurer ce qu’est la configuration d’un lieu et donc de proportionner au mieux les forces à la réalité du risque », avait précisé Bernard Cazeneuve lors d’une présentation de ces engins par les gendarmes à l’automne dernier.

Ces appareils devront « être utilisés dans tous les contextes et le respect des règles qui régissent les libertés publiques », avait insisté Bernard Cazeneuve. La doctrine d’emploi de ces appareils est en cours de validation définitive. Ces engins à la signature discrète permettront de limiter l’emploi des hélicoptères pour des missions où leur utilisation n’est pas une nécessité, et surtout de les préserver.

Sans parler de la réduction des coûts, car un hélicoptère EC 145 représente une dépense d’environ 4700 € l’heure en exploitation. Quand le drone, lui, ne coûte que quelques centimes à peine… Des drones dévolus au renseignement pour comprendre par exemple le mouvement d’une foule et savoir où engager les forces et avec quels moyens. Ou éviter d’engager des effectifs dans un guet-apens, par exemple… Sur un plan technique, la gendarmerie va donc acquérir des « microdrones grand public de type quadrirotor à décollage vertical et à propulsion électrique », selon les termes de l’appel d’offres. Tous pourvus d’un système de retour automatique sur leur point d’envol en cas d’incident.

Une vingtaine d’appareils sont prévus dans cette série. Tous seront équipés de caméras avec un zoom grossissant 10 fois, « capables d’effectuer des observations à faible niveau de lumière ». Le « système permettra la visualisation simultanée de la vidéo d’observation et de toutes les informations qui facilitent la bonne interprétation des images ». Ces images pourront être enregistrées sur un fichier et horodatées, et même géolocalisées pour les besoins d’une enquête judiciaire, par exemple. Des données cartographiques très précises devront y figurer. Le pilote du drone verra en direct ce que le drone filme. L’autonomie de vol pourrait atteindre les deux heures.

Cinq autres drones, dits haut de gamme, qui doivent « être mis en oeuvre par un homme seul en moins de cinq minutes », sont aussi en cours d’acquisition. Egalement équipés de caméra et d’un système d’enregistrement des images avec « géoréférencement » selon les mêmes critères que les engins de plus petite taille. Une autre exigence est demandée : l’appareil devra être difficilement détectable. Grâce à ces futurs « alliés », les gendarmes veulent pouvoir voler et faire du renseignement en toute discrétion. Une discrétion observée aussi par la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) qui pour l’instant refuse de commenter ces appels d’offres. Mais elle a déjà prévu la formation des pilotes de drones.

 

Source ici : http://sous-la-cendre.info/3597/les-23-nouveaux-joujoux-de-la-gendarmerie